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Agricultures urbaines, agricultures pirates

Restitution sonore d’une rencontre avec Flaminia Paddeu, organisée dans le cadre des discussions de La Semeuse en partenariat avec Les Communaux, le octobre 2020 aux laboratoires d’Aubervilliers

La pandémie actuelle a réveillé la crainte des pénuries alimentaires et rend plus réel notre immense dépendance aux importations agricoles, encore plus sensible en ville qu’à la campagne. Paris n’aurait que quatre jours d’autonomie alimentaire. Face à cela, l’agriculture urbaine peut-elle être une piste pour le monde d’après ?

Au XIXe siècle, des cultures céréalières, des ceintures maraîchères, des vergers et des élevages urbains permettaient d’approvisionner les villes et de soutenir de petites économies agricoles de proximité.

Dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle, une production intensive s’est développée autour de Paris, principalement à Aubervilliers et à La Courneuve, devenant les premiers producteurs de légumes frais à destination de Paris. La plupart des familles, et même le nom des rues de la ville, sont connectés à ce passé agricole. L’héritage de cette période sont les « jardins ouvriers ». Géré aujourd’hui par une association installée dans le Fort d’Aubervilliers, ces jardins individuels au sein d’un terrain collectif sont aujourd’hui en danger, l’urbanisation massive fonctionnant tel un prédateur de terrains.

Flaminia Paddeu nous présentera son travail de recherche dans différentes villes américaines mais aussi dans le cadre du Grand Paris. Ceci devrait nous permettre de faire le lien avec diverses initiatives portées par des habitants des quartiers de la Seine-Saint-Denis.



Flaminia Paddeu, géographe, est actuellement maîtresse de conférences à l’Université Sorbonne Paris Nord et chercheuse au laboratoire Pléïade. Ses recherches, à l’intersection des questions sociales et écologiques, portent sur les mouvements sociaux pour la justice environnementale et alimentaire dans les grandes métropoles aux États-Unis et en France (Détroit, New York, Grand Paris), en particulier sur les pratiques alternatives et contestataires d’agriculture urbaine. Elle a publié entre autres dans les revues Espaces Temps, Métropolitiques ou Vacarme et dans Le capital dans la cité (aux éditions Amsterdam). Elle est membre fondatrice et directrice du comité scientifique de la revue Urbanités.