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Rencontres autour des communs des terres urbaines : pratiques de réappropriation et luttes pour les défendre

Nous proposons une série des rencontres sur les fabriques des communs liés aux usages des terres urbaines. Celui-ci aura lieu le 4-5 juin dans le cadre du Festival des Murs à Pêches, festival militant à prix libre de musique, d’arts de rue et land art.

Les Communaux, la Fédération des Murs à pêches et Remix the commons

Ce temps de récits, d’échanges entre collectifs, associations, chercheuses, activistes sera l’occasion de mettre en lien différentes expériences d’appropriation des terres urbaines et des luttes pour les défendre.

Nous disions ailleurs :

« Jardins ouvriers, maraîchage familial, agricultures pirates, potagers de quartier, friches, greffes sauvages d’arbres fruitiers, carrés de légumes au pied des immeubles, bombes à graines, micro fermes, bergeries urbaines, forêts à proximité de quartiers populaires : partout les terres persistent en villes. Et partout elles sont menacées.

Des milliers d’hectares sont en péril dans les zones métropolitaines françaises. L’offensive bétonnière se poursuite en dépit des discours sur la transition écologique.

Pourtant ces terres des centre-villes ou de leur périphérie comptent. Mal aimées, souvent  polluées, ignorées, parfois oubliées de leur proches riverain·e·s, elles bruissent de vie et d’activités quand on prend  la peine d’aller les voir de près et d’écouter celles et ceux qui en font usage. Elles sont à la fois nourricières, lieux de rencontres et d’entraide. On y trouve refuge pour échapper aux cadences urbaines. Ce sont des zones de fraîcheur pendant les canicules, et des îlots de biodiversité où s’accrochent tant bien que mal des hérissons, des oiseaux migrateurs et des amphibiens menacés par la pollution des eaux. Bêchées, plantées, paillées, ou simplement arpentées par les promeneurs, ces terres urbaines transportent avec elles la mémoire d’années de travail, de sueurs, de rêveries et d’observations naturalistes. Chacun·e y a laissé un peu de son histoire, des semences de son pays d’origine, des graines de son propre jardin. A l’opposé des paysages uniformes de la grande culture agricole intensive, elles abritent une pluriversité, des manières de sentir et penser la terre, comme écrit Arturo Escobar. Elles se distinguent de ce qui se vit et s’éprouve depuis la ruralité du fait de leur contexte social, humain, migratoire, culturel. Quels mondes fabriquent ces terres urbaines. C’est ce que ce chantier aimerait mettre à jour (…) ».

Dans le contexte des ravages de la métropolisation, dont les projets prédateurs du Grand Paris et les néfastes JO 2024 en sont des exemples brutaux, il nous semble important de partager des pratiques de réappropriation des terres urbaines et des luttes pour faire les faire exister.

Nous avons en mémoire les rencontres récentes sur les Jardins des Vaîtes, organisées par Les Soulèvements de la terre à Besançon, moment de rencontres pour partager des expériences, la reprise des terres mais aussi de fabrication d’alliances.

Les rencontres du 4-5 juin aux Murs à pêches auront pour point de départ l’expérience initiée par la Fédération des Murs à pêches, qui accueille ces rencontres, avec l’élaboration d’une Charte d’usages communs de la Prairie. Cela s’inscrit dans une tentative de travailler avec la municipalité, tout en défendant une forme d’autonomie collective. Il s’agit également de reconstruire des rapports avec des habitants des quartiers entourant les jardins fondés sur des logiques d’usages partagés.

Près de chez nous, nous compterons avec la présence d’animateurs et animatrices des pratiques et des lutes des Jardins des Vertus à Aubervilliers, de L’Autre champ à Villetaneuse, de La Bergerie des Malassis à Bagnolet.

Flaminia Paddeu géographe et chercheuse, engagée sur les questions d’agriculture urbaine, les subsistances populaires et les résistances dans des villes comme Detroit, New York et Paris nous fera part de ses recherches.

Venant d’ailleurs de l’hexagone, nous devrions accueillir des activistes et intervenantes de l’association L’Après M à Marseille, La Jolie colo dans le Vercors, Mixart Myris à Toulouse, le Jardin des Vaîtes à Besançon, Les Lentillères de Dijon et la ZAD de Notre Dame des Landes…

Le collectif La cantine des Femmes battantes devrait aussi participer au déroulé des deux journées.

L’objectif est de cristalliser une constellation de pratiques et de luttes, mais aussi des manières de formaliser les usages communs inscrits dans les réalités de nos territoires et qui résistent à la métropolisation.

Nous aimerions que ce rendez-vous devienne régulier afin d’intensifier nos liens.

Un programme détaillé de ces deux journées suivra bientôt.

(Cette rencontre a lieu avec le soutien de Remix the commons).